2, rue Édouard Vasseur
94200 Ivry-sur-Seine
a.cheriez@free.fr
Comment ça vit? c'est cette question qui habite l'ensemble de mon travail. je veux voir le médium à l'oeuvre, je veux entrer dans la matière, et surtout dans la fabrique des choses. Ce qui m'intéresse c'est la transformation. Du bithume que l'on dépose au sol, de l'encre qui se diffuse au gré de l'eau et du support, de la fumée qui s'échappe inlassablement de la cheminée, toutes ces formes naissent et se métamorphosent avec assurance. J'en profite pour les saisir.
Dans ma peinture, chaque nouveau travail prend son origine dans une sorte de « choc visuel » : une façade colorée, un mur discrètement fissuré, de l’herbe au milieu d’un terrain vague...
Je photographie régulièrement ces éléments puis je les associe avec d’autres documents ou images que je récolte, constituant une sorte de vocabulaire indispensable à la réalisation d’une peinture. Cette forme d’« acte de prédation » (se saisir de l’extérieur) me permet d’élaborer ensuite une série de croquis et de dessins afin d’étudier différents rapports, de modifier les valeurs et les contrastes, de tester différentes associations d’éléments.
Parallèlement, c’est tout un contexte philosophique, biologique et politique, qui infuse mon travail.
À partir de ces différentes sources, je tente de restituer ensuite avec le plus de justesse possible, les différentes forces présentes dès le premier « choc visuel ».
Mes dessins s’inscrivent pleinement dans le propos et le questionnement que je mets à jour dans mes peintures. Mais de manière différente de la peinture, car la pratique du dessin induit un rapport plus direct du cerveau à la main.
Ce que je cherche c’est un geste précis, contrôlé et néanmoins libre, me permettant d’aiguiser mon propos, de trouver le rapport juste, de parvenir à une sorte de condensation de force et de sens.