Pourrait-on regarder une vis comme nous regardons la lune ?
C’est la question que je pose dans ce parallèle entre l’ objet (Chose concrète et perceptible qui a une fonction précise, désignable par une étiquette verbale) et la Matière (Substance étendue, divisible, pesante qui compose tout corps ayant une réalité tangible).
Chaque objet se présente sous une forme particulière, il a des contours, une couleur, un aspect particulier. Si l’on regarde de plus près ce qui le compose, si l’on aiguise notre façon de le percevoir, peut-on réellement le mettre à part de ce qui compose les particules à la base de chaque création vivante?
La vis et la salamandre par exemple ont tous deux été conçus par des forces et une conscience différentes certes, mais néanmoins ce passage par la «fabrication» fait de chacun d’eux un maillon plus ou moins lointain d’une même chaîne.
Que pourrait lier, confondre, le simple objet avec ce qui nous est la plupart du temps invisible, un monde cellulaire, le monde de l’ infiniment petit ou de l’infiniment lointain.
Cette mise en relation de deux entités n’ayant en apparence rien de commun, cette analogie graphique devient un tremplin pour s’interroger sur notre rapport à l’objet quotidien, au solide, et les mettre dans un temps et un usage, une fonction qui dépasse le simple sens pratique.
Développons notre regard poétique. .